L’économie circulaire, une opportunité de compétitivité

 

Recycler 100 % des plastiques en 2025 et augmenter la part de résines régénérées dans la production hexagonale. C’est l’objectif du gouvernement et de la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire Brune Poirson qui revient, pour Plastiques et Caoutchoucs Magazine, sur les principales mesures de la feuille de route pour l’économie circulaire.

 

Pourquoi est-il urgent de recourir davantage à l’écoconception et d’augmenter massivement l’utilisation de plastique recyclé post-consommation en France ?

La prise de conscience que les ressources terrestres sont finies impose de changer notre façon de produire et de concevoir les produits mis sur le marché. C’est une évidence écologique et économique. La fermeture des frontières de la Chine aux déchets de plastique nous montre que l’Europe doit s’engager vers des solutions « locales » de recyclage. La stratégie plastique de la Commission Européenne publiée cette année appelle aux mêmes engagements de recyclage et d’intégration de matière plastique recyclé. Il faut voir cette transition vers l’économie circulaire comme une opportunité d’avoir une économie plus résiliente et au final plus compétitive.

Quels niveaux d’engagements volontaires attendez-vous ?

Je souhaite des engagements volontaires particulièrement ambitieux. Il m’apparait plus efficace que les industriels, qui connaissent leurs besoins, définissent les niveaux d’engagement et les trajectoires d’intégration de matière première recyclée, au regard de leurs enjeux technologiques mais aussi des contraintes d’usage. Onze groupes de travail (7 pour les résines et 4 pour les secteurs emballages, bâtiment, automobile, équipements électriques et électroniques) ont été créés pour identifier les engagements concrets et significatifs sur la base de diagnostic partagé. Fin juin, les engagements volontaires devraient être présentés. La filière de l’automobile intègre par exemple déjà de la matière plastique recyclée mais je pense qu’elle peut encore faire mieux et par là, montrer le chemin. L’État s’assurera du niveau d’ambition et constatera si les objectifs sont bien atteints.

Comment justement mesurer l’atteinte de ces engagements ?

Les groupes de travail permettant d’aboutir aux engagements volontaires doivent également définir les instruments de mesure et la trajectoire pour chaque résine. L’idée est de se placer sur le registre volontaire plutôt que réglementaire.

Je pense que les industriels sont prêts et mobilisés. Si les engagements volontaires ne devaient pas aboutir, des objectifs seront fixés réglementairement dès 2019. Au-delà, je veux rappeler que la feuille de route porte d’autres mesures fortes d’incitation, et en particulier une action phare sur le critère d’écomodulation pour en faire un outil réellement incitatif, encourageant les producteurs à mettre sur le marché des produits mieux écoconçus grâce à un système de bonus-malus.

Quel accompagnement méthodologique et financier l’État prévoit-il pour les professionnels de la plasturgie ?

La direction générale des entreprises du ministère de l’Économie, en lien avec mon ministère, veille à encadrer et à favoriser l’aboutissement de la démarche des engagements volontaires. La feuille de route prévoit la mobilisation des outils financiers publics disponibles et les financements privés via les outils de la finance verte. Un « pass économie circulaire » sera créé pour stimuler l’investissement et apporter une reconnaissance aux projets industriels de recyclage structurants. Concrètement, il s’agira pour les acteurs du soutien au développement des entreprises de se coordonner pour offrir de manière accélérée une réponse aux industriels sur leurs projets. Les accompagner est primordial. Un portail à disposition des entreprises permettant d’identifier facilement les aides publiques vient d’être mis en ligne sur www.aides-publiques-entreprises.eco-circulaire.fr. Il est prévu également de créer un guichet unique pour accompagner les acteurs locaux dans leurs projets.

Quelles dispositions prévoyez-vous en terme de financement ?

Des financements spécifiques pour l’innovation seront prévus, dans le cadre notamment du fonds déchets de l’Ademe, qui sera transformé en fonds économie circulaire, du Programme des investissements d’avenir et conjointement, avec les conseils régionaux, pour les fonds européens. Le référentiel du Label « transition énergétique et écologique pour le climat » qui doit mobiliser une partie de l’épargne au bénéfice de la transition énergétique et écologique vient par ailleurs d’être révisé pour qu’il intègre le financement de projets d’économie circulaire.

La feuille de route prévoit en outre que les éco-organismes assument les risques financiers liés aux fluctuations des cours des matières recyclées…

Les fluctuations des cours des matières premières peuvent en effet être un véritable frein, ou en tout cas une source importante d’incertitude, pour engager des investissements nécessaires dans les installations de recyclage. Les professionnels du recyclage doivent pouvoir bénéficier d’une bonne visibilité pour leurs investissements. C’est pourquoi la mesure prévue pour entrer en vigueur en 2020 devra intégrer cette obligation pour les éco-organismes, dans le cadre des contrats qu’ils passeront avec les opérateurs du recyclage.

Le dispositif de l’Ademe « TPE et PME gagnantes à tous les coûts » permettra-t-il de financer des actions d’éco-conception et/ou d’incorporation de plastique recyclé ?

Ce dispositif permet de faire prendre conscience aux petites entreprises de leur marge de manoeuvre en matière d’économies d’énergie et de matières premières sur leur process. En générant des économies sur ces postes, on constate des gains en compétitivité avec de faibles investissements. L’entreprise peut ensuite envisager de modifier son process pour éco-concevoir ses produits. C’est une façon de se démarquer de la concurrence que l’Ademe est également susceptible d’accompagner.

L’expérimentation de la consigne permettra-t-elle d’augmenter sensiblement le taux de collecte des bouteilles en PET ?

J’en suis persuadée et c’est essentiel ! D’autres pays européens qui pratiquent la consigne ont des taux de recyclage proches ou supérieurs à 90 %. Nous nous fixons l’objectif de tendre vers 100 % de collecte des bouteilles en plastique d’ici à 2025. Actuellement nous sommes à 55 %. L’expérimentation originale qui sera engagée doit permettre de lancer une dynamique de mobilisation générale pendant les années à venir. Les retours d’expérience seront alors suffisants pour examiner à terme la nécessité du déploiement éventuel de la consigne en France. Les dispositifs d’extension et d’harmonisation des consignes de tri sur tout le territoire aideront également à l’atteinte de cet objectif. Les Français sont prêts : 83 % d’entre eux se disent favorables à un dispositif de consigne qui concernerait les bouteilles en plastique et les canettes en métal.

La REP CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants) actuellement à l’étude stimulera-t-elle également la collecte ?

Pour le secteur des CHR, selon l’Ademe, le taux de recyclage pour les bouteilles et canettes est de seulement 10 % ! Le développement de la consommation nomade a accentué le phénomène : les CHR abandonnent progressivement les emballages en verre consigné au profit des emballages en plastique bien souvent non récupérés. La mise en place de la REP devrait permettre de soutenir la consigne en verre pour réutilisation dans la mesure du possible et de se donner les moyens d’améliorer fortement les taux de recyclage pour les bouteilles en plastique. Les marges de progrès sont énormes !

 

 


› Auteur : Fabian Tubiana - www.plastiques-caoutchoucs.com
› Date : 04/06/2018

› Source : Plastiques & caoutchoucs

 

 

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