Alzprotect

Alzprotect traite ses premiers patients atteints de paralysie supranucléaire progressive

Après des résultats positifs sur le modèle animal, la société biopharmaceutique lilloise Alzprotect démarre ses essais cliniques chez les patients atteints de paralysie supranucléaire progressive (PSP), avec la maladie d’Alzheimer dans le viseur. Afin de financer la poursuite de son développement clinique, elle recherche 3 millions d’euros pour 2021 et vise ensuite une levée beaucoup plus significative de quelque 35 millions.

Philippe Verwaerde, le PDG de la société biopharmaceutique lilloise Alzprotect. (Alzprotect)

Les cinq tout premiers patients souffrant de paralysie supranucléaire progressive (PSP) commencent à être soignés avec la molécule AZP2006, développée par la biopharma lilloise Alzprotect. Au total, la société suivra une cohorte de 36 patients sur trois mois de soins, puis trois mois de suivi. Cette phase clinique IIa, qui devrait s’achever fin 2021, sera menée au CHU de Lille et à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, sur cette pathologie dégénérative orpheline peu connue, proche de la maladie d’Alzheimer, qui est une cible concomitante de la molécule AZP2006. Rebaptisée « Ezeprogind » par l’OMS, son approche thérapeutique est très différente des autres, dont aucune n’a abouti jusqu’à présent, comme les molécules à base d’anticorps. Elle traite de manière globale les facteurs neurodégénératifs et pas seulement un marqueur comme la protéine tau ou le peptide amyloïde. L’Ezeprogind active la progranuline, qui permet de réactiver la croissance des neurones et leur reconnexion dans le modèle animal. La PSP, dont les patients ont une espérance de vie de 5 à 7 ans seulement, touche 55.000 personnes en Europe et aux Etats-Unis, un marché évalué entre 750 millions et 1 milliard d’euros.

Courtisé par l’Asie

Les enjeux sur la maladie d’Alzheimer sont, eux, énormes, avec déjà 50 millions de personnes touchées dans le monde et une perspective de doublement dans les vingt ans. Alzprotect, dont la molécule a le statut de médicament orphelin pour la PSP, avec une exclusivité de 10 ans en Europe et de 7 ans aux Etats-Unis, vise une phase IIb à l’échelle européenne en 2022, portant sur 150 à 200 patients et une autre combinée IIa avec IIb outre-Atlantique. Si la société a déjà levé 20 millions d’euros depuis l’origine, avec l’arrivée du fonds Xerys, notamment, elle recherche encore 3 millions pour 2021 et vise une levée beaucoup plus significative de quelque 35 millions pour l’étape suivante. Outre la tolérabilité du produit, la phase IIa espère aussi des validations sur l’impact du traitement, grâce à 21 biomarqueurs du liquide céphalo-rachidien ciblant l’inflammation et la neurodégénérescence. Si les majors de l’industrie pharmaceutique occidentale se montrent encore frileuses, des perspectives se font jour en Asie. « Nous sommes courtisés par des Japonais et des Chinois, nous pourrions y mener un essai clinique financé sur place », imagine Philippe Verwaerde, le PDG d’Alzprotect.

LA STRATÉGIE
Alzprotect
Date de création : 2007
PDG : Philippe Verwaerde
Effectif : 8 personnes
Secteur : biopharmacie


› Auteur : Olivier Ducuing (Correspondant à Lille)
› Date : 14/09/2020
Voir l’article original

› Source : www.lesechos.fr

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